Baldo, avec la flamme de Manitas
Archives du Blog - Acteurs de la pétanque
Posté par César   
30-04-2009

Il ne ressemble à personne. Chef indien ? Métis sauvage ? Pirate adolescent ? Matador des boules ? Conquérant de la Pétanque ? Idole des Gitans ? Il est tout à la fois.

Son père est né à Ajaccio, sa mère à Carcassonne et il a oublié ses origines dans les plaines de Catalogne.

Baldo qui fut à 19 ans le plus jeune Champion de France de l'histoire de la pétanque, parle, crâne, se contredit, s'attendrit, s'inquiète, se dérobe et crache tout net, avec des yeux qui jettent des flammes.

Ne cherchez pas. Je ne fais pas partie d'une tribu de Gitans. Je couche dans un vrai lit et depuis que j'ai remporté le titre devant les parisiens Max Vabre, Vattier, Belard et les champions sortants Senezergues, Catusse et Laffont de Décazeville en Aveyron, j'ai un téléphone qui sonne toute la journée.

Ce titre je suis bien content de l'avoir gagné, pour moi bien entendu, pour José, mais surtout pour Kokoyan. Oui, surtout pour Kokoyan. Avant que je tire sur la boule de gagne, il est venu vers moi, le visage ravagé par l'émotion et il m'a dit :

Vas-y petit, fais-moi plaisir. Toi tu es jeune, tu auras d'autres occasions, mais pour moi c'est peut-être la dernière.

Quand j'ai tiré ma première boule, j'avais l'eau à la gorge et je l'ai manquée. Il me restait une boule et le titre au bout. A ce moment-là j'ai pensé à "Koko", ses paroles me trottaient dans la tête. "Fais-moi plaisir, c'est ma dernière chance."

Je voulais lui faire plaisir de toutes mes forces. Mais cette boule que je tenais dans la main pesait une tonne et la boule à frapper je la voyais comme un grain de café. C'était terrible ! Terrible !

Soudain, j'ai entendu Bébert de Cagnes, qui n'a pas cessé de m'encourager pendant tout le championnat, crier :

"Allez, vas-y, voleur de poules, estanque-là."

Bébert de Cagnes, c'est un gitan comme César de Montélimar, comme Cantarel, comme moi et quand un gitan dit voleur de poules à un autre gitan, c'est un compliment, c'est un gitan qui se démerde. J'ai tiré ma dernière boule et j'ai fait un carreau en place. J'étais fou de joie. Mais quand j'ai vu Kokoyan se prendre la tête entre les mains, j'ai eu un choc au coeur de voir un joueur de cette trempe pleurer comme un gosse.

Extrait de Albert CALANOTTI et les rois de la pétanque par Mario GALLO

En discuter dans le Forum : Baldo, avec la flamme de Manitas

 
< Précédent   Suivant >