Entretien avec Gianni Laigueglia
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Posté par Sylvain IT   
05-02-2008

Gianni Laigueglia, le ‘campionissimo’ de la pétanque italienne

Gianni Laigueglia est sans doute le plus grand joueur de pétanque italien, son palmarès, incomparable en Italie (il a remporté 25 titres italiens !!!), comprend aussi des victoires internationales : dans des concours français, des compétitions par nation ou bien par club, il s’agit d’un grand champion de la pétanque. Il a accepté de répondre à quelques questions qui permettront à ceux qui ne le connaissent pas encore de mieux comprendre quel type de champion est Gianni Laigueglia : un joueur talentueux, attentif à sa préparation, très présent dans les moments cruciaux d’une partie.

Gianni Laigueglia au point

Gianni Laigueglia au point - © DR

Petanque710 : Vous êtes considéré à l’étranger comme le meilleur joueur de pétanque italien…
Gianni Laigueglia : C’est un honneur et un grand plaisir pour moi. En effet, je connais personnellement presque tous les plus grands joueurs de France : Quintais, Suchaud, Foyot, etc. j’ai joué contre eux dans les championnats du monde ou dans les nationaux, je les connais et ils me connaissent, c’est un honneur et une sensation fantastique ! J’ai connu de très grands champions qui, au-delà de leurs résultats ou de leur habileté sont des hommes que j’apprécie et ça aussi c’est important. Pour maintenir un certain niveau de jeu il me faudrait toutefois plus jouer, car je joue désormais très peu. J’ai décidé de consacrer plus de temps à ma famille, à mes trois enfants, je ne fais presque plus de compétitions, je me réserve pour les championnats italiens, je me prépare un mois avant, comme pour les championnats du monde. 


P710 : Comment devient-on un champion ? Quand avez-vous commencé ?
G.L. : Je ne sais pas comment on devient un champion ! Un champion pour moi c’est d’abord une attitude, de l’humilité ; il faut respecter les autres et puis savoir se préparer : c’est dans la préparation que l’on trouve la sérénité nécessaire pour exprimer un bon niveau de jeu, on se prépare du mieux qu’on peut, on sait qu’on a fait ce qu’il faut et donc on a ‘bonne conscience’ et on jouera bien. Et puis il faut un tout petit don naturel… Mais pour réussir certaines choses, pour avoir des résultats importants, il faut avoir une bonne attitude dès l’entraînement : moi quand je m’entraîne je joue pour gagner, c’est une préparation à la compétition qui doit être aussi mentale, dès l’entraînement il faut adopter une attitude positive, gagnante en un certain sens… J’ai commencé à jouer dans mon village, à l’époque on jouait avec des boules différentes, les premières boules de pétanque modernes je les ai essayées quand j’avais 17 ou 18 ans…


P710 : On ne peut vous demander de nous présenter votre palmarès, cela serait trop long, mais quels sont vos plus beaux souvenirs de pétanque ?
G.L. : 1999, à Cannes ! On a gagné un national en France, aucune équipe italienne n’y était parvenu avant nous, ce fut une chose vraiment extraordinaire ! Il y avait 5 ou 600 équipes, toutes les meilleures équipes françaises étaient présentes, nous avons gagné la finale 13-12. C’était devant des centaines de spectateurs, à la dernière mène, nous avons tiré 4 fois, fait 4 frappes dont 2 reculs et sur ma dernière boule tirée j’ai fait un carreau en place pour gagner, le public a applaudi pendant deux ou trois minutes… Et puis 2006 à Grenoble aux championnats du monde, les deux médailles de bronze au tir de précision et en équipe, là aussi j’avais fait un beau tir à la dernière boule jouée…

Gianni et ses 2 médailles des mondiaux de Grenoble en 2006
 
Gianni et ses 2 médailles des mondiaux de Grenoble en 2006 - © DR


P710 : Le tir au bouchon ? Oui, nous avons vu ça !...
G.L. : Et oui, une belle boule et de la chance ! Il fallait l’essayer, tirer en étant convaincu de le réussir, et puis il fallait que tout se passe bien, donc avoir de la chance aussi. Nous avons parlé, la situation était désespérée, il n’y avait plus que ça pour nous sauver, j’ai décidé de le tenter et ça a réussi, une belle sensation devant un public aussi nombreux !

La vidéo de la mène du tir au bouchon - © DR
 

Mais Grenoble c’est aussi un grand regret, j’aurais aimé faire mieux au tir individuel. En barrage j’avais éliminé Claudy Weibel et avant Philippe (Quintais) qui est un ami et ensuite j’ai tout donné pour l’équipe, ce qui a fait que je n’ai pu m’entraîner au tir de précision avant d’affronter le Thaïlandais en demi finale. J’aurais peut-être perdu de toutes les façons, il a très bien tiré, mais bon je m’étais entraîné pendant un mois avec mon fils, tous les jours et là j’ai passé 2 jours entiers sans m’entraîner ; j’aurais peut-être pu mieux faire, car le tir de précision c’est principalement de l’entraînement… ou peut-être que Philippe l’aurait battu…


P710 : Et la Coupe d’Europe cette année ?
G.L. : Ah oui, ça a été vraiment fantastique et puis on ne s’y attendait pas… Oui, nos joueuses sont de très bonnes joueuses, mais leur femme à eux, l’épouse de Le Dantec il me semble, elle est presque imbattable, c’est une joueuse vraiment extraordinaire (NDLR il s’agit de Nancy Barzin), ce qui fait qu’il ne faut pas se louper ensuite. Mais bon, à la fin on l’a emporté 4 parties à 3 et seulement 13-12 sur la partie décisive, en étant mené très longtemps, un final de rêve pour nous, un résultat fantastique pour l’Italie… nous sommes champions d’Europe de pétanque par club !

Sylvain Rivet pour Petanque710.
 

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